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31 mars 2008

Où es-tu Pierre Desproges ?

"Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis" pouvait-on lire samedi soir sur une banderole déployée par des supporters du PSG au Parc des Princes, lors de la finale de la Coupe de la Ligue qui opposait leur équipe à Lens. Même s'il s'agit d'un humour extrêmement noir comme diraient les Gueules du Nord, je dois avouer que j'ai bien ri en entendant le journaliste d'Europe 1 évoquer cette banderole et s'indigner alors que je me rasais tranquillement le lendemain du match. C'est presque du Groland. Du Groland dans le texte.

D'accord, c'est assez consternant. Même si c'est drôle. Or, il y a plus consternant que cette banderole déployée par quelques comiques du kop de Boulogne. Il y a les réactions "indignées". Réactions qui vont du simple habitant du Nord, en passant par le supporter lensois, le président de la Ligue de football, jusqu'aux hautes autorités de l'Etat. Tout le monde s'indigne, condamne avec fermeté, dénonce, porte plainte. Branle-bas de combat dans la France qui s'indigne. Après l'indignation et l'émotion causées par les Tibétains fracassés par les autorités chinoises, après celles causées par l'appel du coeur de Chantal Sébire et sa mort, il est désormais de bon ton (comprendre par là : il est désormais "indispensable"), sous peine de condamnation citoyenne, de s'indigner de l'action menée par des supporters du PSG.

Je n'ai pas envie de m'indigner. D'ailleurs, les indignés me font presque plus marrer que la banderole. C'est dire.

Putain. On vit vraiment dans un pays de cons.

26 mars 2008

Radins.com III

Week-end de trois jours en Bretagne. Dans la villa de beau-papa et de belle-maman. En amoureux avec ma femme. Mais également non loin de Thomas et Cathy. Comment cela se fait-il, me demanderez-vous ? Nous n'avons pas poussé le vice et le masochisme à les inviter à passer ce week-end de trois jours avec nous. Non. Surtout pas. Mais il se trouve que les parents de Thomas ont une maison à 200 mètres de la villa de beau-papa et de belle-maman. Ne riez pas, c'est tristement vrai.

Un court mais intense moment de radinerie à vous relater.

Dimanche matin, apéro en terrasse avec ma chère et tendre. Nous profitons d'un rayon de soleil pour sortir nos Ray Ban. Le soleil et la mer. On est bien là. Décontractés du gland (surtout moi). Nous sommes heureux. Un bruit nous tire de nos rêveries. C'est Thomas qui rit. Il est là, avec Cathy et leur petite fille de 9 mois. Avec courtoisie, nous les invitons à se joindre à nous pour partager l'apéritif. Cathy et Thomas se regardent du coin de l'oeil. Je sens le coup fourré. Et foireux. Attention, c'est parti.

- "Avec plaisir, mais nous venons d'acheter le pain et n'avons pris que la monnaie nécessaire à l'achat dudit pain", s'exclame Cathy.

- "Oui, surenchérit Thomas, nous n'allions pas emmener l'ensemble du porte-monnaie pour une si petite course... "

Bien évidemment, cela va de soi. Moi qui me trimballe sans cesse avec mon portefeuille, mes cartes bancaires et du liquide, je devrais le savoir. Cathy fouille dans ses poches et en ressort la pénible somme de 2,15 euros. De quoi prendre un café, me dis-je.

- "Bon ben, on va prendre un café pour deux !" s'esclaffe Cathy.

Je décide alors de réagir en bon chrétien que je ne suis pas assez.

- "Nous vous invitons. Joignez-vous à nous", dis-je.

- "Ah, c'est gentil", me répond Cathy. "Je vais prendre une Leffe alors. Et toi Thomas ?"

- "Un jus de tomate" lui répond Thomas.

On est loin du café me dis-je intérieurement. Cathy pousse tout de même vers moi les 2,15 euros qu'elle avait retrouvés dans ses poches. Je refuse. "On vous invite" lui dis-je pour la seconde fois.

A part le "c'est gentil", nous n'avons eu droit à aucun remerciement. Vous allez me dire que quand on offre un verre ou lorsque l'on fait une B.-A. d'une manière générale, on n'attend pas forcément en retour un remerciement. C'est totalement vrai. Sauf que je refuse que cette règle s'applique à Thomas et Cathy. Question d'honneur.

Pour la petite histoire, après les avoir quittés, ma femme m'a demandé : "Pourquoi, diantre, les as-tu invités ? Tu sais bien qu'ils nous inviteront jamais !".

Oui, je le sais.

Mais bon, même s'ils m'ont allégé de 6 euros, il est toujours jouissif de vous narrer les aventures de Cathy et Thomas.

21 mars 2008

Nicolas et Rachida

18 mars 2008

Courtes réactions

Sarkozy a désormais son flic du ouèbe. Un certain Nicolas Princen. Une vraie tête de premier de la classe, jeune normalien-HEC de 24 ans. Un mec de la vraie France d'en bas. Son rôle est de chercher et accessoirement de trouver tout ce qui se dit sur notre cher président sur la Toile. Il va avoir du boulot le gars. 1984 version Sarko. On rigole, on rigole, mais mine de rien ça fait flipper. Nan, je déconne. Je rigole. Bonne chance Nico (Princen...) !

***

Angela Merkel, le très sexy Chancelier de la belle Allemagne, a proclamé aujoud'hui un "discours historique", nous dit-on, devant le Parlement israélien. "Nous autres Allemands, la Shoah nous emplit de honte" a-t-elle dit. La France devrait en prendre de la graine. On devrait envoyer Fillon dans nos anciennes colonies d'Afrique pour qu'il fasse, au nom de tous les Français, son mea culpa. Ca serait citoyen et bien dans l'air du temps.

Au fait, ils ont des Parlements les pays africains en question, victimes de l'oppression française pendant tant d'années ?

***

Règlements de compte à Paris Coraal. Lellouche gueule. Les candidats de l'ouverture se plaignent d'avoir été délaissés et de ne pas avoir été soutenus. Surtout lorsqu'ils se sont pris des roustes. L'UMP va mal. L'ouverture, aux Divers et à la gauche, a montré ses limites. Mais ce n'est pas pour autant que Sarkozy va changer son fusil d'épaule. Car comme l'a dit le bossu du Poitou, "L'UMP est vraiment trop à droite". Défense de rire.

17 mars 2008

Baby one more time

Je ne suis pas un grand fan de Britney Spears. C'est le moins qu'on puisse dire. Je parle de ses chansons, hein. Car, physiquement, ce n'est pas un laideron non plus. A l'origine. Elle tenait encore la route avant ses grossesses multiples, ses prises continues de drogue et sa vie de dépravée. Maintenant, cette pauvre fille est complètement à la ramasse. Triste. Oui, donc, ses chansons. Parmi celles-ci, vous connaissez tous Baby one more time, tube planétaire qu'il l'a révélée voici à peu près dix ans, il me semble.

J'ai découvert voici quelques années une nouvelle version de cette chanson commerciale dans un album de "Paris dernière", cette émission parisano-bobo, présentée par un Taddéi sans visage, dont la bande-son est constituée de tubes célèbres remixés. J'avoue que c'est vraiment pas mal. De quoi me réconcilier notamment avec Michael Jackson, puisqu'on y trouve une nouvelle version de Billie Jean assez fun. Donc, cette nouvelle version de la chanson de Spears est l'oeuvre de Dweezil & Ahmet Zappa. 

La voici ci-dessous, sachant que le "clip" n'est sûrement pas l'oeuvre des compositeurs cités précedemment (un peu trop cheap).

16 mars 2008

Tiberi, c'est [pas] fini

Jean Tiberi, dit "Jean de Paris", vient semble-t-il d'être battu dans mon arrondissement, le 5e, à Paris. Bien sûr, aujourd'hui, je suis resté bien au chaud chez moi.

Dès que le résultat s'est affiché sur l'étrange lucarne, ma femme a crié à haute voix : "Mais comment allons-nous faire maintenant pour obtenir une place en crèche ???".

J'adore.

Quand on vous dit que c'est la fin (heureuse) d'un système.

[Addendum à 22h00 : comme toutes les mauvaises choses n'ont pas de fin, il semblerait que Tiberi soit en passe d'être réélu. C'est la magie de la démocratie. Je suis content pour ma femme. Et pour sa quête d'une crèche].

Evidence

"Si les gens sont si méchants, c'est peut-être seulement parce qu'ils souffrent".

Louis-Ferdinand Céline, Extrait du Voyage au bout de la nuit.

14 mars 2008

La vie est une prison

Morale

12 mars 2008

Radins.com II

En septembre dernier, je vous avais présenté Thomas et Cathy, ce couple de radins hors norme qui ne recule devant rien. Sauf quand il s'agit de débourser un euro. J'avais oublié de vous raconter ce qui constitue, au fond, leur premier essai en commun. Je connais Thomas depuis environ dix ans. Mais Cathy, la pièce rapportée, je ne la connais que depuis cinq ans environ. Depuis, ils forment un couple. Un couple d'amis. D'amis pingres. Mais lorsque cette histoire s'est déroulée, ils n'étaient pas encore mariés. Cela à son importance.

Printemps 2004. Cathy, Thomas, celle qui n'était encore que ma petite amie et moi-même sommes assis à la terrasse d'un café. Il fait beau, le soleil brille, il fait presque même chaud. Je suis de bonne humeur. Ma future épouse déguste son jus de tomate. Je déguste un Martini Gin, avec rondelle de citron et de la glace. Thomas et Cathy se partagent un Vittel menthe. Avec deux pailles. Quand même. Nous devisons. De tout et surtout de rien. Puis un sujet de discussion sans intérêt - encore un - prend tout-à-coup forme :

- "Hé Artemus, me demande Thomas, tu es né quand ?

- (Qu'est-ce que ça peut te foutre) Fin août pourquoi ?

- Ah ! C'est drôle ! Cathy est née au début du mois de septembre !

- (Ouais, c'est vachement drôle. On est bien plusieurs centaines de millions sur cette planète à être nés entre fin août et début septembre) Vraiment ? Quelle bonne surprise, quel heureux hasard ! C'est incroyable, en effet.

- Ce qui serait sympa, c'est de fêter vos anniversaires respectifs le même jour, entre la date du tien et la date du sien ! Non ?

- (Super. Je déteste fêter mon anniversaire et encore moins souhaiter celui des autres) Mais bien sûr Thomas, c'est une excellente idée. Je suis tout à fait partant. Une bonne soirée, avec un bon dîner, un bon Bordeaux et un petit cigarillo après le café et le digestif ! Génial.

- Ca marche, on vous invite chez nous début septembre ! Super méga cool !

- (Comme tu dis) Oui, super méga cool de la mort".

Nous nous quittons en ayant bien noté dans nos agendas respectifs la fameuse date non fixée du début du mois de septembre. Les semaines passent. Les vacances d'août touchent à leur fin. Coup de fil de Thomas.

- "Eh salut Arti, ça va bien ? Bon, on se voit toujours début septembre, hein ?

- (Merde) Oui, bien sûr. Avec joie".

Nous fixons la date. Ma future essaie de me raisonner : "Arrête d'être négatif ! T'es aigri comme mec, c'est fatiguant. La politique t'emmerde, les gens t'emmerdent, tes amis t'emmerdent, t'es un misanthrope ! Fais un effort ! Leur proposition est tout de même sympathique ! non ?". Oui. Elle finit par me raisonner. J'ai beau être parfois une tête de con, je ne suis jamais méchant. Du moins, pas foncièrement. J'essaie donc d'être heureux et épanoui à l'idée de passer une soirée avec Thomas que je sais profondément radin et Cathy que je soupçonne forcément de l'être un peu pour être tombée amoureuse d'un type comme Thomas.

Ma future me met une telle pression que je finis par prendre goût à la soirée qui s'annonce. On se dit que nous allons bien dîner, on rêve sur le menu. "Tu crois qu'il y aura du foie gras ? Et des huitres ? Quel vin vont-ils choisir ? Cathy cuisine bien, tu crois" ? Bref, on rêvait. Au propre comme au figuré. Nous faisons des achats. C'est un anniversaire. Nous ne pouvons arriver sans un cadeau pour la Cathy. Ma promise se charge de la chose. Elle achète également un grand et beau bouquet de fleurs. Oui, c'est l'anniversaire de Cathy et, en plus, ils nous invitent chez eux. Nous prenons enfin une très bonne bouteille de champagne. Même si Thomas est radin, pas question pour moi de déguster un champagne dégueulasse. Nous sommes parés. Nous partons.

Ding-dong. Nous avons le sourire aux lèvres. Décidés à passer une excellente soirée. La porte s'ouvre. Thomas nous accueille avec un large sourire. Il nous fait entrer dans le salon. En même temps, dans un 25 m², on se sent partout dans le salon. Bref. Nous nous asseyons. Sur la table, deux coupelles. Dans l'une d'elle, des chips. Dans l'autre, des pistaches. Gros coup de stress. Nous nous regardons avec ma femme. Nous angoissons. Thomas a filé dans la cuisine, portant dans ses bras maigres le cadeau pour Cathy, le bouquet de fleurs et le Champagne. Une minute se passe. Cathy et Thomas reviennent main dans la main. Un énorme sourire aux lèvres.

- "Nous avons une grande nouvelle à vous annoncer : nous allons nous marier !"

Nous sourions mécaniquement. Ma promise, plus au fait des bonnes manières que le beauf que je suis, se lève et va les embrasser tendrement. Je me lève à mon tour. Difficilement. Sous le choc. Pas de l'annonce de leur mariage. Mais du traquenard dans lequel nous étions tombés.

La soirée pouvait donc commencer.

Il va de soi que nous n'avons fêté ni mon anniversaire, ni celui de Cathy. Nous avons bu en revanche le Champagne. Ce fut d'ailleurs la seule bouteille d'alcool de la soirée. Pour fêter une si belle nouvelle, c'était un peu cheap. Mais quoi de plus normal pour Thomas et Cathy. Et le dîner s'est réduit, bien entendu, à un remplissage régulier des coupelles de chips et de pistache.

Une excellente soirée en somme. Une soirée de radins.

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