« "L'île" de Pavel Lounguine vue par Carol Saba (pour Flore et les autres) | Page d'accueil | De Louis XVI à Louis Croix Vé Bâton : le progrès en marche »

20 janvier 2008

Miracle

"Le miracle est incompatible avec la vie quotidienne actuelle. C'est une notion incompréhensible depuis la Renaissance, à cause de l'abandon de la mystique et de l'obsession du rationnel. Il n'y a de miracle qu'à condition de détruire notre style de vie, et de savoir appréhender la mort sans peur".

Pavel Lounguine, Le Monde du 8 janvier 2008.

Commentaires

"Le miracle est incompatible avec la vie quotidienne actuelle".

Sans doute, mais cela ne date pas d'hier :
Mat. 13,58 : "Et il ne fit pas là beaucoup de miracles, à cause de LEUR MANQUE DE FOI".
Mc 6, 5-6 : "Et il ne pouvait faire là aucun miracle, si ce n'est qu'il guérit quelques infirmes en leur imposant les mains. Et il s'étonna de leur INCREDULITE".

Et effectivement, le manque de foi de notre époque peut expliquer la raréfaction des "signes" de Dieu.

Ecrit par : Flore | 22 janvier 2008

La réflexion de Pavel Loungine ,à propos du "miracle" m'a fait songer à ce passage le l'Introduction des "Ecrits sur l'Hésychasme " de J.Yves Leloup :
" Kapsokalivià ,Mont Athos ,24 juin 1969 .
Soleil lourd .Il doit être midi .Le chemin n'en finit pas de monter ...[...] un moine se tenait là,debout, un chapelet de laine noué à la main ...Comme je m'approchais ,je m'attendais à un mouvement de recul ou au moins de surprise ...Mais non, le moine se contenta de sourire ,très simplement il mit un doigt devant sa bouche me faisant comprendre qu'il fallait rester silencieux .Son regard était étrange .Je n'arrivais pas à discerner la couleur de ses yeux ,des yeux sans fond ...Comme je commençais à ressentir un léger vertige au coeur ,il me fit signe de m'asseoir .Alors ,s'engageant d'un pas rapide sur le chemin ,il me laissa seul face à la mer ,face à mes pensées ,plutôt perplexe .
Après une heure et demie ,énervé d'attente et d'inquiétude ,je le vis revenir . Il tenait à la main une boîte de conserve avec de l'eau ...Je compris alors qu'il venait de marcher pendant tout ce temps sous un soleil brûlant et tout cela pour étancher un peu ma soif !
Lorsqu'il me tendit la boîte de conserve rouillée ,je vis davantage ses yeux --deux étranges abîmes d'eau et de lumière . Amour n'est pas le mot et pourtant je n'en trouve pas d'autre .
Je commençai à boire et je crus un moment que je n'aurais plus jamais soif .
Le plus petit acte d'amour pur est paraît-il plus grand que la plus grande des cathédrales ... Ce jour-là j'entrai donc dans le christianisme par la grande porte : une boîte de conserve rouillée, l'infini d'un geste quotidien ...
Depuis des années ,cet inconnu toujours silencieux ne cesse de me sourire : il y a cette écharde d'eau et de lumière dans la chair brûlée de mon histoire . "

Ecrit par : tania | 22 janvier 2008

Ecrire un commentaire